Saturday, January 13, 2007

Je ne sais pas si l'on peut appeler cela une révélation mais au moins la présence de ce cadavre me posait un problême beaucoup moins grave qu'il y a quelques instants. Du statut d'inconnus, voila mon bonhomme passé au statut de citoyen décédé et portant le nom de Douglas Adams. Un plus pour sa petite personne, ainsi que pour moi. Je n'aurais pas a me soucier des remarques de mon supérieur en ce qui concerne mon devoir, et je pouvais aussi partir continuer ma journée de travail avec un problême de taille de rayer de ma liste. Rester a savoir qui avait receptionné ce type après que les étudiants qui l'avait embarqué ce matin. Il n'avait pas perdus de temps pour mourir le bougre. A peine assommé et emporté que je le retrouvais sur mon bureau sous la forme d'un dossier. A peine deux heures. Les services de police ne vont pas aussi vite. A moins bien sur que l'on est réellement déposé le type sur le bureau d'un autre enqueteur ce matin. Ou alors c'était Celine qui avait fait le coup et se cachait derrière une identité de medcin légiste pour couvrir son désir de meurtre ? Tiré par les cheveux ? C'était un euphémisme.

Je dois retrouver les officiers qui ont été chargés de ramener le bonhomme. Ensuite, je n'aurais qu'a revenir sur les lieux du crime et effectuer un bon petit travail de routine pour découvrir qui était assez ennuyé ce matin pour se farcir un paumé de ce genre et en subir les conséquences. "Il n'y a pas de meurtre parfait, que des policier incompétent", disait toujours mon supérieur, qui n'avait surement jamais lut le Dahlia Noir. La replique avait de quoi bousculer les esprits des petits enqueteurs que sa voix faisait rentrer dans leurs souliers, et c'était son but avoué, mais il n'avait pas completement tort. A moi de faire mon boulot convenablement et d'inscrire une réussite de plus a mon tableau, que je justifie de temps en temps mon salaire. En arrivant au bureau de l'acceuil j'interpelais mon collègue Fred pour obtenir plus d'informations sur les responsables du depot du colis sur la table de la morgue. Mon horoscope était il largement positif ce matin ? Je prendrais le temps de le vérifier pour une fois car avant même que je ne finisse d'eppeler toutes les syllabes du nom de mon collègue, celui ci se tourna vers moi et m'assena la nouvelle.

- Ah, content de te voir, je te présente ton tueur.
- Enchanté, répondis je, en souriant a mon nouvel interlocuteur. Le "tueur" que l'on venait de me présenter ressemblait a un de ces nombreux êtres perdus que l'on trouve souvent a notre comptoir pour avouer toute sorte de délit afin d'obtenir un peu d'écoute et de compassion. Je ne suis généralement pas partant pour donner de l'un ou de l'autre mais je ne vois pas non plus pourquoi je ne leur ferais pas la politesse de répondre.
- Bonjour, fut la seule réponse que j'obtint en échange, avant que son regard ne se perde dans ses chaussures. Allez savoir ce que l'on trouve de passionnant dans nos chaussures par moment.

- Fred, excuse moi, mais j'aimerais avoir plus de renseignement sur le type que l'on a amené en bas.
- Mais certainement, seulement ...
- Oui ?
- Je viens de te trouver ton tueur.

Le silence géné de quelques secondes qui s'instaura ensuite restera surement pendant longtemps dans ma mémoire comme un de plus gros moment de doute de ma vie. Fred, un type que je connaissais depuis des années, n'avait jamais eu pour habitude d'insister quand il me faisait une blague du même calibre. De la taille de celle que l'on inscrit ensuite dans les emballages des Carambars. Or, aujourd'hui, il persistait dans sa plaisanterie. Alors soit je me trouvais dans une réalité différente de la mienne et le Fred que je connaissais avait été remplacé par un espion venusien ou nazis, deux espèces en voix de disparition, ou il essayait une nouvelle tactique après 10 ans de fidèlité envers la première, sois il ne se foutait pas de moi.

- Oui, c'est moi, avoua tristement le dernier venu. Les mots étaient sortis de sa bouche avec autant de peine que les clous que l'on extrait d'un mur. Sa voix douce et faible évoquait le bruit du vent, a tel point que je sentis un courant glacé me parcourir le dos. Cet homme souffrait d'un mal que je connaisais très bien après l'avoir fréquenté quotidiennement tout les jours dans ces murs : la culpabilité. Qu'importe que ce type soit réellement le coupable ou pas, il avait quelque chose a avouer, et je devais me charger de receuillir son petit discours.

- D'accord, veuillez me suivre, lui répondis je aimablement.

Tel un condamné résigné a sa peine, il me suivit entre les bureaux, ignoré des regards de chacun, préférant tous se concentrer sur leur propre part de culpabilité avec laquelle ils allaient passer la journée. Une fois dans la salle d'interrogatoire, je l'attendais a la porte pour la refermer derrière lui et offrir un siège a celui qui allait se confesser afin de soulager sa peine et de me retarder un peu vers la conclusion de mes propres problêmes. Le regard fuyant, detaillant chaque coins de la pièce grise que nous occupions, jouant avec un coin de la table que nous occupions, il gagnait du temps avant le moment inéluctable ou j'allais lui poser la question fatidique.

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