Wednesday, March 07, 2007

- Vous allez bien ?
L'homme en face de moi gardait le silence, peut être pour preserver son innocense encore quelques instants en face de moi. La loi dit que tout homme est innocent tant que l'on a pas encore prouvé sa culpabilité. En tant que representant de la loi, je me dois de respecter à la lettre ce commandement et de ce fait je ne devrais pas faire peser sur cet homme le poids d'une quelconque culpabilité. Après tout, malgrès les apparences, cela pouvait être encore un autre de ces étrangers de la société qui cherche a passer un peu de temps dans un endroit chaud a parler un peu. Mon pressentiment de tout a l'heure quand aux multiples aveux que ce type allait me faire n'était peut être qu'une fausse idée et j'allais peut être pouvoir repartir faire mon ...
- C'est moi qui l'ai tué
Et il fondit en sanglot.
Je n'avais pas eu le temps de finir cette pensée que voilà mon coupable qui venait de me faciliter les choses a moitié. Si c'était bien lui qui était responsable du meutre alors cela me faisait une épine de moins dans le pied pour retrouver le coupable. Efficacité maximum, interrogatoire record pour le prix modique de quelques mouchoirs. L'autre moitié du problême était maintenant de prouver sa culpabilité. Si le type avouait un meutre qui n'avait encore reçut aucune attention de la part des medias, cela faisait de lui un coupable ideal, extérieur a presque toute influence néfaste d'un journaliste en mal de sensation forte qui aurait fait d'un nouveau fait divers le début d'une campagne contre le crime. Les journalistes se trouvent toujours une marotte pour s'occuper et emmerder les flics est une activité simple et amusante. On joue a jetter le micro devant le premier type venu portant un badge en on essaye de tirer du type n'importe quoi. Même un grognement indistinct devant le micro est une preuve presentable devant le tribunal du peuple. Enjolivez le tout avec vos mots, rajoutez ici des presomptions de coups et blessures et voilà votre article. Je le sais, j'ai eu affaire a un scribouillard de ce genre. La différence subtile entre mon exemple impersonelle et mon cas c'est que le type n'a pas eu a imaginer ses coups et blessures. Il a même put y repenser pendant une ou deux semaines. Peut être même y pense t'il encore ? Non, mieux vaut ne pas s'embarquer dans des pensées positive, le type que j'ai en face pourquoi mal prendre un sourire en coin.

- Tenez, prenez un mouchoir.
Je lui tendais la boite de kleenex bleu ciel, posé sur mon bureau, que j'utilise généralement pour les rhumes ou les femmes en manque d'attention, et il saisit doucement le paquet pour en retirer avec la même precaution un bout de tissu ou il pourrait enfoncer son visage et eviter mon regard pendant quelques moments. Puis, une fois le kleenex devenu une éponge, il sembla prendre son courage à deux main (voir à une seule, si il en restait trop peu) et continua sa plaidoierie en sa défaveur.

- Je vous le jure monsieur l'agent ...
- Appelez moi Dowson.
- D'accord. Je vous le jure Mr l'agent Dowson, c'est bien moi qui ai tué Adams ce matin. Je devais le faire, vous comprenez ?
- Bien sur.
Je ne le comprenais pas mais je l'invitais a continuer.
- On m'a forcé. Il m'a dit que c'était necessaire. On ne devait pas me retrouver par la suite. Personne ne s'interesse aux paumés qu'il m'a dit. Alors je ne sais pas.
Les sanglots revenait dans sa voix et une larme commencait a poindre le bout de son nez a son oeil droit.
- Je n'aurais pas dut le faire.
La larme commencait a rouler sur sa joue. Le type était sincère.
- Bon écoutez, l'interrompis je. Je ne sais pas si je peux faire vraiment quelque chose pour vous mais je voudrais au moins vous offrir un café pour que l'on en discute ailleurs. Ca vous va ? Un café ?
Deconcerté par ma réaction humain qui n'avait rien de celle d'un flic robot tel qu'on en voit dans les séries télévisés, il avait acquiecé avec un air un peu hagard pensant pouvoir se debarasser de moi en quelques instants pour s'isoler dans un endroit ou il allait pouvoir expurger toute la culpabilité qui le devorait. Ce type avait quelque chose de sympathique dans le corps, comme quand on voit un petit chien blessé dans la rue et que l'on ne peut s'empecher de lui trouver un petit quelque chose à manger pour le calmer. Je ne voulais pas empecher mon client de japper de tout son soul mais je tenais a entendre ce qu'il avait a me dire dans un coin plus tranquille.
Les salles d'interrogatoires ou les bureaux de flisc, ça n'incite pas a la confession. On voudrait bien, on le pense, mais ce n'est pas le cas. Ce qui incite a la confession c'est le café et le regard confiant. Mettez en confiance votre bonhomme et il vous racontera en détail jusqu'a son contexte d'oedipe. Donnez lui un café, ou un chocolat, pour les difficile, et il vous offrira des chocolats en sortant de taule. Je n'avais pas l'intention de faire rentrer ce type dans un petit coin sombre pour qu'il soit oublié de tous. Ce que je voulais comprendre, c'est si le mal qu'il se donnait a me convaincre de son crime était réel ou une pure création de son esprit.

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