Wednesday, March 07, 2007

Le type repris son manteau et ce dirigea vers la porte, attendant gentimment a coté que j'ouvre pour qu'il aille faire son tour avec moi. Peut être s'attendait il a ce que je sorte mon arme et a ce que je le descende en sortant du bureau mais il tressaillit comme une feuille au contact du vent et avanca prudemment en regardant autour de lui. Je ne faisais pas preuve d'autant d'hesitation, même si sortir boire un café avec un coupable n'est pas vraiment recommandé par le code du bon petit flic, mais je n'étais pas a ma première incartade au réglement et je m'en balancais. Si je fais ce boulot ce n'est pas pour m'entendre reciter les codes de la loi tout les quart d'heure mais pour aider les gens a s'en sortir. Je me deplacais donc vers la sortie en incitant mon bonhomme a presser le pas et je lui ouvrit la porte. L'air matinale lui ferait surement un peu de bien et ma compagnie l'apaiserait peut être un peu. Il partit peut être avec ce maigre contentement dans l'esprit avant qu'une balle issu d'un calibre non identifié lui rentre dans le ventre et le fasse s'efondrer sur les marches du commissariat.

Tirer devant un batiment remplit de flic, c'est un acte que seul les grands bandits ou les petits cretins sans cervelle se permettent d'accomplir. Le tireur avait dut attendre patiemment la sortie de sa victime et se placer assez proche de la sortie pour pouvoir l'atteindre sans faute. Un par dessus noir se dressait d'ailleurs justement en face de l'escalier et avait vite détourner son regard pour faire mine d'être le plus innocent petit garçon du monde. Mal chance, je l'avais repéré et je n'avais pas aimé qu'il descende mon seul client et qui plus est un pauvre type qui n'avait surement rien d'autre a se reprocher que d'être sincère et un peu bête.
- Vous là ! Lui criais je. Restez ou vous êtes !
J'étais devenu en quelques instants l'inspecteur Harry et lui embrayait sur son role de criminel a la manque en glissant sur le bitum pour retrouver un coin d'ombre ou il allait pouvoir cacher sa sale trombine. Il avait révetu le deguisement du parfait petit tueur à quatre sou, j'allais lui procurer les plaies et les bosses qui vont avec le metier.

Bien que sa corpulence ne présageait rien de proche du culturiste, même du Dimanche, le type avait une bonne detente dans ses jambes et se deplacait avec facilité entre les individus. La rue était pourtant étroite mais la présence d'un bonhomme de ma corpulescence se precipitant à sa suite avec des gouttes de sang sur le veston et un visage qui exprimait toute ma colère et ma frustration envers ce type. Rien ne pouvait le retenir et chacun semblait manifester de la sympathie pour ce tueur qui était maintenant en bien mauvaise posture. Tout du moins, je l'esperais.

La rue descendait sur une ou deux centaines de mètre et malgrès le peu de distance qui me séparait de lui je n'arrivais pas a le rattraper. Il courrait, courrait inlassablement et puisait dans toute son énergie pour echapper a mes bras et aux insultes que je lui balancais entre deux respirations en esperant qu'un passant se trouverait une vocation de pillier pour lui barrer la passage. Mais, comme d'habitude, dans une foule, demandé un volontaire et vous obtiendrez des pas en arrière. Encore quelque mètre et je serais de toute manière capable de le rattraper. Je n'ai plus qu'a tendre le bras. Il est là. Il est presque a ma porté. Il ... il tourne l'enfoiré ! A peine le temps de me reprendre et de tourner vers la gauche pour ne pas perdre mon suspect, je glisse quelques secondes sur les megots abandonnés par le peuple de Paris et je reprends un peu d'air pour m'engouffrer a sa suite dans cette petite rue. Elle semble deserte, encombré par quelques haut tas de detritus, les toits des batiments voisins la couvrant pour ne laisser filtrer qu'un peu de lumière. Le type semble avoir disparut dans la pénombre. J'avance encore quelques pas et je me retourne vers la rue que je viens de quitter. Personne ne semble m'avoir suivit mais quelqu'un m'avait précédé. Je n'ai que le temps d'entendre le bruit d'une boite de conserve tomber par terre pour me rendre compte que je n'étais pas seule et que mon fugitif m'a transformé en victime en m'assainant un coup de revoler dans le dos. Mes yeux se ferme, j'entends un ricanement derrière mon dos.
- Maintenant ce qu'il en coute de s'opposer au clan ...
Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase et je me retourne vers lui. Il semble etre surpris que son plan machiavélique n'ait pas marché mais si il avait relevé la tête de ses bande dessinés, il aurait surement appris que même un coup de revolver bien assainé ne vient pas a bout de tout les hommes. Surtout quand le responsable du coup est un freluqué au visage maigre et aux yeux de biches et que la victime potentiel est un homme de mon gabarit. Poids moyen, point lourd, regard rarement tendre.
- Alors si vous me le permettez ... ?
Il excusera surement ce petit moment de comédie a son réveil. Je ne tenais pas a lui faire la courtoisie de respecter son moment d'etonnement mais le plaisir de l'observer s'effondrer avec ce regard perdu dans toute ses probabilité qui viennent de s'effondrer était un petit plaisir que je ne pouvais pas me refuser. Surtout après que ce maudit rejeton surement issus d'un caniveau ait oté la vie a un pauvre type qui n'avait surement rien demander. Innocent jusqu'a ce que l'on est put prouver sa culpabilité. Sa mort avait effacé tout les soupçons que j'avais put echaffauder contre lui et voilà que mon coupable revé me tombait entre les mains. Oh celui ci, je n'aurais pas de remord a le confié a une prison. Oh non, aucun remord.
- Vous allez bien ?
L'homme en face de moi gardait le silence, peut être pour preserver son innocense encore quelques instants en face de moi. La loi dit que tout homme est innocent tant que l'on a pas encore prouvé sa culpabilité. En tant que representant de la loi, je me dois de respecter à la lettre ce commandement et de ce fait je ne devrais pas faire peser sur cet homme le poids d'une quelconque culpabilité. Après tout, malgrès les apparences, cela pouvait être encore un autre de ces étrangers de la société qui cherche a passer un peu de temps dans un endroit chaud a parler un peu. Mon pressentiment de tout a l'heure quand aux multiples aveux que ce type allait me faire n'était peut être qu'une fausse idée et j'allais peut être pouvoir repartir faire mon ...
- C'est moi qui l'ai tué
Et il fondit en sanglot.
Je n'avais pas eu le temps de finir cette pensée que voilà mon coupable qui venait de me faciliter les choses a moitié. Si c'était bien lui qui était responsable du meutre alors cela me faisait une épine de moins dans le pied pour retrouver le coupable. Efficacité maximum, interrogatoire record pour le prix modique de quelques mouchoirs. L'autre moitié du problême était maintenant de prouver sa culpabilité. Si le type avouait un meutre qui n'avait encore reçut aucune attention de la part des medias, cela faisait de lui un coupable ideal, extérieur a presque toute influence néfaste d'un journaliste en mal de sensation forte qui aurait fait d'un nouveau fait divers le début d'une campagne contre le crime. Les journalistes se trouvent toujours une marotte pour s'occuper et emmerder les flics est une activité simple et amusante. On joue a jetter le micro devant le premier type venu portant un badge en on essaye de tirer du type n'importe quoi. Même un grognement indistinct devant le micro est une preuve presentable devant le tribunal du peuple. Enjolivez le tout avec vos mots, rajoutez ici des presomptions de coups et blessures et voilà votre article. Je le sais, j'ai eu affaire a un scribouillard de ce genre. La différence subtile entre mon exemple impersonelle et mon cas c'est que le type n'a pas eu a imaginer ses coups et blessures. Il a même put y repenser pendant une ou deux semaines. Peut être même y pense t'il encore ? Non, mieux vaut ne pas s'embarquer dans des pensées positive, le type que j'ai en face pourquoi mal prendre un sourire en coin.

- Tenez, prenez un mouchoir.
Je lui tendais la boite de kleenex bleu ciel, posé sur mon bureau, que j'utilise généralement pour les rhumes ou les femmes en manque d'attention, et il saisit doucement le paquet pour en retirer avec la même precaution un bout de tissu ou il pourrait enfoncer son visage et eviter mon regard pendant quelques moments. Puis, une fois le kleenex devenu une éponge, il sembla prendre son courage à deux main (voir à une seule, si il en restait trop peu) et continua sa plaidoierie en sa défaveur.

- Je vous le jure monsieur l'agent ...
- Appelez moi Dowson.
- D'accord. Je vous le jure Mr l'agent Dowson, c'est bien moi qui ai tué Adams ce matin. Je devais le faire, vous comprenez ?
- Bien sur.
Je ne le comprenais pas mais je l'invitais a continuer.
- On m'a forcé. Il m'a dit que c'était necessaire. On ne devait pas me retrouver par la suite. Personne ne s'interesse aux paumés qu'il m'a dit. Alors je ne sais pas.
Les sanglots revenait dans sa voix et une larme commencait a poindre le bout de son nez a son oeil droit.
- Je n'aurais pas dut le faire.
La larme commencait a rouler sur sa joue. Le type était sincère.
- Bon écoutez, l'interrompis je. Je ne sais pas si je peux faire vraiment quelque chose pour vous mais je voudrais au moins vous offrir un café pour que l'on en discute ailleurs. Ca vous va ? Un café ?
Deconcerté par ma réaction humain qui n'avait rien de celle d'un flic robot tel qu'on en voit dans les séries télévisés, il avait acquiecé avec un air un peu hagard pensant pouvoir se debarasser de moi en quelques instants pour s'isoler dans un endroit ou il allait pouvoir expurger toute la culpabilité qui le devorait. Ce type avait quelque chose de sympathique dans le corps, comme quand on voit un petit chien blessé dans la rue et que l'on ne peut s'empecher de lui trouver un petit quelque chose à manger pour le calmer. Je ne voulais pas empecher mon client de japper de tout son soul mais je tenais a entendre ce qu'il avait a me dire dans un coin plus tranquille.
Les salles d'interrogatoires ou les bureaux de flisc, ça n'incite pas a la confession. On voudrait bien, on le pense, mais ce n'est pas le cas. Ce qui incite a la confession c'est le café et le regard confiant. Mettez en confiance votre bonhomme et il vous racontera en détail jusqu'a son contexte d'oedipe. Donnez lui un café, ou un chocolat, pour les difficile, et il vous offrira des chocolats en sortant de taule. Je n'avais pas l'intention de faire rentrer ce type dans un petit coin sombre pour qu'il soit oublié de tous. Ce que je voulais comprendre, c'est si le mal qu'il se donnait a me convaincre de son crime était réel ou une pure création de son esprit.