Thursday, August 31, 2006

Je savais bien que lire des romans du même genre que mon projet me servirais bien pour concevoir mon histoire. Le tout est de reconnaitre les tics et les procèdés des auteurs pour les emprunter ou s'en inspirer. Ce n'est pas mal de piquer un peu aux autres, tout le monde le fait, l'important est que ça ne se voit pas et que l'on reconnaisse une patte personel au delà des emprunts qui sont souvents des clichés du genre. Mais je tiens a faire un roman qui s'inscrive dans un genre, donc autant y aller a fond. C'est pour ça, et c'est définitif, je vais transformer mon personnage de videur en flics. Son caractère sera a peu près le même, ce sera le même homme et la première scène aura toujours sa place mais il faut que ce sois un flic. Pourquoi ? Parce que ses actions se justifient ensuite par sa profession. Dans le roman que je lis en ce moment, la Glace Noire, de Michael Connely, le personnage principal, Harry Bosch, enquête pour son propre compte sur la mort d'un flic mais parallèlement ils retracent aussi les élements qui ont amenés a leur funeste fin deux hommes d'origines mexicaines. Une part de son travail dans le roman est décidé par son instinct, et l'autre par son travail.

C'est ça qui fait avancer le personnage, c'est cette recherche de vérité et son besoin de savoir, même si cela ne rentre pas dans le cadre de son travail. Mon videur ne pouvait pas enquêter de son coté car son travail ne le permet pas. Je ne peux pas justifier ses départs et son travail de nuit l'empêche d'accomplir ce que tout bon enquêteur fait a la même heure. Visiter les bars et remuez les sac a puces pour trouver des informations. Donc non, pas de videur, juste un flic.
Ensuite, je pense avoir trouvé une bonne raison de mourir pour mon maniaque du train. L'idée m'est aussi venus en extrapolant sur la suite du roman que je lis. Et que je vous conseille d'ailleurs, plutôt bon jusqu'au le point ou j'en suis arrivé. Je vous en reparlerais peut être par la suite. Enfin, bref, j'ai donc trouvé une idée pour faire avancer mon flic un peu plus loin et ne pas lui donner a ronger qu'un simple meurtre. Si il n'y a qu'un seul meurtre alors le rythme peut s'essoufler très vite. Le type mort ! Ah ah, c'est machin ! Bon ben on remballe et puis à la prochaine. Mais si ce meurtre n'était pas le seul.

Et si tout le monde s'en foutait ? Le type meurt, mais il n'a pas de famille. Pourquoi résoudre le mystère de son assassinat a part si votre supérieur vous le demande. Mais ensuite, qu'est ce qui vous donne envie d'aller plus loin. Personne ne pleurs pour les paumés. Alors il faut donner un autre sens a la vie de ce paumé. Le rendre encore plus fou qu'en apparence, d'une part, comme je l'ai décrit dans un post précédent, et aussi le rendre victime d'une plus grande. Une secte, un groupe, quelque chose, une organisation a la morale stricte visant a nettoyer le monde pour le compte d'un ordre plus grand. Ce a quoi j'ai pensé est une sorte de groupe de malade visant a protéger les secrets du gouvernement mais sans bosser pour aucun gouvernement. Le tout est de créer l'illusion d'une nebuleuse d'agents alors qu'en fait il ne s'agit que d'un petit groupe. Leur principe ? Il se base sur cette idée assez répandus sous forme de plaisanterie mais tout de même très vrai :

Si vous êtes paranoiaque, ça ne veux pas dire que vous avez tort.
En gros, le pire que vous puissiez vous imaginez peut exister et même si il y a divagation autour, ce n'est pas forcement faux. Le pire peut exister. Et comme ce qui crient plus fort que tout le monde finissent parfois par se faire entendre, ce groupe est décidé a eliminer les maniaques en tout genre pour que le statut quo persiste. Car ils aiment le statut quo. Ils ont confiance dans leurs gouvernements et ne veulent pas que cela changent. Leur nom : Euh ... je n'y ai pas encore pensé. Mais voilà l'idée de base. Des réactions maintenant, je veux des réactions ! Que pensez vous de cette idée ?Bon, ensuite j'ai pensé a une petite description d'un bar et afin de ne pas la laisser tombé dans l'oublie, là voici :
Une fois la porte poussé, nous voici dans le purgatoire de ceux qui essayent de perdre la mémoire. Derrière le comptoir, un seul homme, le psychatre en chef, delivre sans ordonance des mélanges variés censés donner une seconde vie a ses patients. Dommage pour eux que le mélange leur demande aussi de revenir constamment dans ce lieu. Du coup, de paumé ils passent au stade de "retrouvé" et se rejoignent dans ce même lieu pour vivre leur deuxième vie. Pillier de bar, sans eux, l'immeuble s'écroule et pendant ce temps là leur propre maison disparait. La voilà ta seconde vie l'ami. Bon, ce n'est pas terrible, ça demande d'être adapté mais bon, au moins ça m'entraine a ecrire dans un style un peu désabusés et cynique.

Tuesday, August 22, 2006

Si je crois le salopard d'enfoiré de merde qui m'a piqué mon porte monnaie, je le défonce a coup de pioche. On ne me vole pas mes affaires, et encore moins quand il y a des souvenirs precieux dedans. La tune, je m'en fous, mais pas les souvenirs. Mes souvenirs a moi ! En marchant jusqu'a chez moi et en remuant tout cela dans ma tête, je me suis souvenus d'une remarque qu'avait fait Matt Fraction, sur son blog, a propos du soir ou il avait été volé. Matt Fraction est le scénariste de Casanova, un comics revolutionaire que je vous engage tous a lire, et dont le héros est un voleur qui ferait passer Arsène Lupin pour le connard qui a pris mon bien dans ma poche de pantalon. Or, ce soir ou quelqu'un s'est introduit chez lui a volé ses affaires, il se disait justement qu'il devait faire attention a se souvenir de ses réactions car cela pourrait lui servir pour son histoire. La fire de l'ecrivain remonte dans les moments les plus inattendus. La mienne a réapparut quand je descendais la côte et j'ai eu de nouveau envie de réflechir a mon histoire.

Pour faire démarrer l'intrigue après l'épisode de l'attaque du train (devrais je mettre des references au western dans mon histoire ... bof, pas d'une manière évidente, mais bon, on s'en fous), le personnage trouve un portefeuille. Et c'est le contenus de ce porte feuille qui va l'amené a avoir des problêmes plutot qu'a rechercher la trace de son agresseur. Ce qu'il faut faire, c'est relié les deux bouts. Agression, temperrament du bonhomme et contenus du portefeuille. Son action ne doit pas être un pretexte a le faire rentrer dans la vie du héros. De ce fait, bien qu'il n'apparaitra vivant que quelques instants dans l'histoire, je dois définir une histoire personelle pour ce type un peu malade que le héros appelle "pull vert". J'ai un peu de mal a le saisir ce type, car je ne sais pas trop comment quelqu'un pourrait faire ce genre de choses. Agresser les gens pour le principe de s'amuser un peu ou de s'occuper me dépasse un peu. Et vu le pretexte employé, je ne peux pas dire que mon bonhomme est un adepte de "l'acte gratuit". Si il y a philosophie la dedans il faut la chercher ailleurs. Gonzo, ouais pourquoi pas.

Hunter S Thompson était un journaliste gonzo. Il ecrivait sur des evenements auquels il participait parfois, et dont il était même le catalyseur, par moment. Las Vegas Parano, c'est lui. Donc mon personnage serait une sorte de Hunter décérébré auteur de faits divers. Oui, pas une mauvaise idée. Le type veux a tout pris rentrer dans un canard dans la page des faits divers et accomplis donc de petites actions de ce genre. De quoi rentrer dans les pages du Nouveau Detective. Avec un peu de sang a la clé, il pourrait même faire la couverture. Obsession de la vie dans les médias, mais avec un mode operatoire idiot. Un peu comme ces gens qui tentent de rentrer dans le guiness book en tentant les exploits les plus farfelus. Ce matin là, son but était de declencher une bagarre dans le train pour que l'on parle de lui comme un exemple de l'insécurité dans le train. Si l'on l'emmener au poste et citer son nom ce serait le pied. Donc voilà, mon personnage est avide de reconnaissance publique pour ses actions sans interet. En fait, il fait dans l'action qui ne profite qu'a lui. Un adepte de la main gauche ? Dommage qu'il ait rencontré le point droit de mon héros. Dommage dommage.

Reste à savoir pourquoi ce type est mort. Il a commis une faute. Ok, il en a même commis dix en se lancant dans cette activité de faiseur de faits divers. Mais qu'est ce qui peux justifier sa mort ? Pas un truc absurde, du genre "un journaliste revanchard qui en avait marre de parler de lui". Ce serait vraiment trop crétin, enfin, je trouve. J'avais pensé a l'action d'un homme de la mafia, un type assez riche pour engager un tueur et assez a cheval sur les principes pour depenser le fric necessaire. Mais pourquoi l'avoir fait ? Par conscience professionel. Non, ces histoires là ça ne mène jamais a rien. Il faut que la revelation finale ait du sens. Ah merde, vous qui me lisez, si je trouve, et bien ça vous fera un truc en moins à découvrir. Mince. Bon ben ... non mais j'ai pas d'idées pour le moment donc je pose les mains pour l'instant et je reviendrais ensuite. Mais il faut que je trouve un moyen de justifier sa mort. Car même si ce type ne vallait rien, aux yeux d'un homme riche, il vallait tout de même la somme necessaire a l'eliminer.

Wednesday, August 16, 2006

Ecrire une scène cela décrit bien le personnage mais j'ai besoin d'avoir une idée plus precise de qui sera le protagoniste de mon histoire, pour lui donner plus de vie et un caractère bien définis qui ne se découvre pas comme pour le lecteur au fil de la lecture mais qui guidera mon écriture et ses réactions. C'est cela qui fait le charme d'une histoire a mon avis, quand le personnage principal sors de la page pour vous prendre par la main et suivre sa vie au lieu d'être l'observateur passif d'une vie parmis tant d'autres.

Je n'ai pas encore de nom pour cet homme mais de toute façon un nom n'est décidé qu'arbitrairement par nos parents donc je ne pense pas que ce sois essentiel pour l'histoire. Après tout, il pourrait s'appeler John Smith et cela lui donnerait aussi un certain caractère, surtout quand l'action se passe en France. En Ile de France d'ailleurs, et plus speciallement aux environs de Paris. Je pense specifier quelques noms de rues mais rien de trop précis pour ne pas me perdre dans des détails et me focaliser sur l'écriture de l'action et la description de l'environnement sans avoir besoin d'être trop proche de la réalité. Je n'envisage de toute manière pas cette histoire comme se passant dans un monde réaliste, car si c'était le cas, cela enleverait une partie du charme que je veux donner a mon univers, c'est à dire une plus grande liberté de mouvement que le simple "dans la vie, les gens ne sont pas comme ça" m'empecherait de faire. L'important est que l'univers serve mon histoire et pas que je sois un esclave de l'univers alors que c'est moi le créateur. Une certaine façon d'écrire semblable a des elements de réalisations parfois absurdes ou simplement exagéré que le réalisateur Takeshi Miike use dans ses films.

Pour ce qui est du personnage, il faut que ce sois un homme car je ne saurais pas être crédible en ecrivant les reactions d'une femme. Je doute même que l'histoire comporte un rôle féminin important car je ne veux pas que mon personnage témoigne trop d'émotions de ce type. Ce n'est pas une machine à tuer mais juste un type. De lui, on ne découvre qu'une partie de la vie et il sera surement bien trop occupé pour penser aux femmes. Peut être devrait il sortir d'une relation, ainsi il ne serait pas perçus par les plus pointilleux comme étant un homme desesperement seul. Ce type est sociable, il est juste plus robuste que la moyenne et possède une attitude qui ne le rend pas agréable pour la plupart des gens. Le fait qu'il donne un coup de poing a l'homme qui l'ennuie dans le train en dit long sur son caractère et son opinion des autres. Ils ne le dérangent pas tant que ces gens restent un peu indistinct. Si quelqu'un sors du lot pour venir le voir, il faut que ce sois pour une bonne raison justifié et pas pour satisfaire une propre besoin qui l'ennuierait. Dans ce cas, il adoptera l'attitude la plus adapté pour ne pas avoir a perdre son temps.

Son temps n'est pas compté mais il n'admet pas que l'on profite de lui et de son espace vitale. La tranquilité est importante pour lui. Il est aussi allergique a une certaine attitude contemporaine qui voudrait que l'on sois le plus détaché possible de ce qui se passe autour de nous. Il n'est pas parfait mais il prefère agir alors que tout le monde laisse passer. Observer et rester sur ses gardes. C'est un gardien. Sa stature et son regard percant l'ont predestiné a ce job et il gagne ainsi sa vie ce qui lui permet d'avoir des journées assez tranquille et de lire ce qu'il veut et donc de s'eduquer un peu plus qu'il n'a put le faire pendant sa jeunesse ou il a plus passé de temps avec ses amis que dans une salle de classe. Il a des regrets donc il apprends maintenant pour ne pas le regretter demain. Il apprecie la connaissance et respecte l'intelligence mais deteste la stupidité. Mince, on dirait que je me décrit un peu trop. Bon, ce n'est pas totalement moi mais il y a de moi dans ce personnage. Mais c'est justement ça qui le rendra agréable a écrire, c'est que je n'aurais pas besoin de trop me poser de questions, j'aurais juste plus de liberté de mouvement du fait de la condition physique de l'homme et aussi du fait que contrairement a moi, il peut faire beaucoup plus de choses vu que son destin reste malgrès tout calfeutré dans un nombre précis de pages.

Je disais un peu plus haut que son travail était d'être videur de boite de nuit ou gardien, mais je ne veux pas que ce sois son travail qui sois à l'origine de l'histoire car cela me ferait, d'une part, rentrer dans un univers que je ne connais pas, et aussi car je désire conserver cet element de son histoire personnel comme revelatrice de son caractère mais pas de sa vie tout entière. C'est un job, pas son existence. Sa vie se trouve en dehors de son job. Il faut donc lui trouver une occupation. Frequente t'il des cours ? Non, il aime les bibliothèque et apprends par lui même. Il reste jusqu'a la fermeture avant de retrouver son travail, et c'est de là que vont venir ses ennuis. Sur son chemin il croise cet homme dans le train et trouve ensuite par hasard son portefeuille. Cherchant a en savoir plus, du fait de son caractère curieux, il va retrouver la trace de cet homme et arriver dans son appartement alors que le propriétaire viens de se faire tuer. Découvrant le cadavre, et le tueur avec, il va devoir trouver qui peut être le tueur qui veux maintenant le tuer (puisque c'est un témoin) afin de sauver sa vie en ne croisant pas celle de ce tueur professionel que l'on a semble t'il engager (la description de l'homme justifiera cet élément). Le problême est que l'agresseur du train aujourd'hui mort faisait de ses agressions un hobie et qu'il a donc une liste assez longue de coupable potentiel qui lui en voulait. Dans sa famille ou ailleurs, des gens qu'il a attaqué et qui avait les moyens de le poursuivre et de se venger. Cela me permet de décrire une faune de timbrés pret a tout pour une question d'honneur ou par principe. Je pense que cet histoire peut être drôle à écrire. Mais maintenant, reste a trouver les rôles secondaires. A suivre.

Tuesday, August 08, 2006

- Mon bras vous dérange ?
Le train était bondé de petites tête occupé a rebondir au rythme des cahots du train contre les rails et voila que, tel un troupeau de mouton, les regards s'était retourner vers mon petit groupe de siège. A ma gauche, un homme au regard un peu hagard venait de m'adresser la parole. Je ne le connaissais pas. Je ne l'avais jamais vu auparavant. Lui non plus d'ailleurs, sinon il aurait sut que je ne suis pas du genre a apprecié que l'on vienne me poser des questions quand je regarde le paysage défiler devant mes yeux. Les villes grises de la banlieue parisienne n'ont rien d'interessante. Les usines suivent les usines qui servent d'introduction a des marres de maisons en pierre qui était déjà là quand mon père prenait le train et qui ne seront surement plus là pour mes enfants car ainsi va le rythme de l'evolution du paysage, en s'accelerant, mais pas forcement en s'améliorant. Le nouveau decors que je devais subir en cet instant était celui d'une homme vraisemblablement intoxicé par une substance douteuse ou condamné a être eternellement sujet a des sauts d'humeur l'emmenant a commettre l'inevitable. Rien que pour passer son temps. Moi je m'ennuie en regardant les paysages et lui s'ennuie aussi mais il trouve des pretextes pour emmerder le monde. Chacun son passe temps.
- C'est mon bras qui vous dérange ? Répeta t'il avec des yeux attentifs a chacun des mouvements de mon visage, surement afin de deviner quel allait être ma réaction.
Habillé d'une chemise verte et d'un jean usé, l'homme avait tout du vagabond qui trouve son habillement de saison a l'armée du Salut. Pourtant, quand le controleur était passé il avait montré son ticket avec un grand sourire. Celui de ceux qui se savent en régle. Et qui aime être en régle, pas comme tout ceux qui espèrent encore ne pas se faire prendre a frauder dans le train alors que les controleurs vivent maintenant pratiquement dans les râmes du RER C. De plus, son odeur corporel n'était pas parfumé au vin de supermarché et malgrès sa barbe fraiche du jour precedent je ne voyais pas dans les orbites de cet homme les mêmes yeux perdus que les veritables clochards ont a force de ne pas adresser la parole normalement a quiconque qui n'est pas un compagnon de mendicité. Et voila donc que ce type, ce pseudo vagabon, definissons le ainsi, commencait a me parler. Et avec violence en prime. Monsieur débute la conversation avec energie et attends une réponse. Je ne vais donc pas le faire patienter plus que ça.
- Quel bras ?
L'audience détourne son regard de mon interlocuteur et commence a me détailler afin de savoir quel est le risque encourus. Suis je le genre a sortir un couteau ou a me rentrer dans mon pare dessus au bout de deux phrases ? Si je me fie aux concertos pour "boule dans la gorge ravalée avec difficulté" qui viens de retentir dans le wagon, je pense que l'opinion general tend plutot vers la première catégorie.
- Mon bras, me réponds t'il, voyez vous ...
- Vous êtes handicapé. J'interrompt son laïus en mois de deux et ça le choque. Il le prends mal même mais il essaye de ne pas le faire ressentir. Tout comme les intermittants du spectacle qui font la manche dans le metro de Paris, mon partenaire sur les planches de ce thèatre urbain, il preparait son texte et le repetait scrupuleusement. Mais voilà que le rythme s'emballe et qu'un imprévus viens de bousculer le fil de son monologue.
- Vous n'avez pas de bras, vous êtes handicapé, repris je. C'est bien ça, non ?
- Oui, c'est exact, car voyez ...
- Donc il ne peut pas me gener. Puisque il n'est plus là.
La lègère tension que j'avais vu grandir au coin des lèvres de mon interlocuteur venait de recevoir un grand bac d'engrais ultra rapide et se transformait maintenant en rictus de rage incontrolé. Pas très content le monsieur, pas content du tout. Même la grand mère fébrile qui crachotait dans son cabat juste en face de moi venait de retrouver les gênes qu'elle avait en commun avec Marie Joe Perec et était partis en quelques instants sur une banquette éloigné ou elle pouvait esperer que les mères de familles qui se trouvait entre elle et nous seraient un excellent bouclier quand l'un de nous deux engagerait les hostilités. Et en matière d'hostilité, chemise verte avait de quoi faire. De l'hostilité premier choix.
- Mon bras, me hurla t'il, on me l'a volé pour le bien être de la France ! Et je vais te le faire payer, connard !
Une vraie replique de films d'actions.
- Ah, non, pardon, je n'étais pas encore né et je ne peux donc être porté responsable. Alors si vous me le permettez ...
Je n'ai eu envie d'attendre sa réponse et de toute manière ce n'était pas mon intention. Voyez vous, on s'ennuie dans les longs trajets. Chemise verte aime frapper pour passer le temps. Moi, le paysage, je le connais. Alors quand l'occasion se presente de rouler des mecaniques et de renvoyer un guignole dans les cordes, je ne vais pas me gêner. Le poing qui se trouvait a l'extremité de mon bras droit, celui que j'avais et que l'autre m'enviait, venait de partir dans la direction de la machoire du malotrus et vint en quelques instants a la rencontre de la machoire de l'autre qui aurait bientôt besoin d'aller faire un séjour chez son dentiste. J'aime aider cette profession, on ne va jamais voir assez souvent son dentiste. La tête basculait maintenant et les yeux étonnés, semblable a ceux d'un enfant a qui l'on viens d'apprendre que le père Noel n'existe pas, suivaient le mouvement. Le tout s'affalant finalement sur la banquête opposé par chemise verte. Tout rentre dans l'ordre et bientôt chacun reprends son observation du paysage ou des nichons des demoiselles, chacun son passe temps. Au moins on aura de quoi raconter a table ce soir. Une nouvelle histoire, vielle comme le monde, ou le gendarme donne un bon coup sur la tête de guignol et l'envoie allourdir le trou de la Sécurité Sociale. Désolé, pensais je en regardant le type, mais moi aussi je m'ennuyais.